Créateur de hashtag?

Créer un nom pour une marque est un vrai métier. L’agence Nomen est très connue pour ses trouvailles emblématiques. Mais il y a aussi Enekia, Crénom, Demoniak ou encore Apanage.

Un bon nom doit satisfaire à de nombreux critères, par forcéments évidents, et couvrir de nombreux aspects du « branding ». Les équipes qui y travaillent sont composées « de linguistes, de créatifs, de chargés d’études marketing, de juristes, de concepteurs-rédacteurs » qui « développent des marques ou une identité qui répondront à [un] cahier des charges, tout en offrant une sécurité juridique maximale ».

Dans une moindre mesure, il en est de même pour les hashtags utilisés dans Twitter.

Les principaux critères produisant un bon hashtag sont:

  1. la légalité – ce ne peut être un nom de marque, sans l’accord de la marque, et il doit être d’usage légal (pas d’injures, de diffamation…)
  2. la pertinence – il doit correspondre à l’objectif choisi
  3. la redondance – il doit être unique pour le sujet concerné, et ne pas déjà être utilisé pour définir un autre sujet ou évènement (facteur de pollution)
  4. l’appropriation – il doit pouvoir favoriser son appropriation par la communauté qui l’utilise
  5. la longueur – il doit être court, pour ne pas utiliser trop des précieux 140 caractères alloués par Twitter, le plus court possible
  6. la simplicité – il doit être compris par le plus grand nombre des utilisateurs qui le liront ou à qui il est destiné

Et même en réunissant tous ces critères, il n’est pas évident que le hashtag prenne.

Sans compter que l’usage peut faire qu’il soit modifié! Ainsi, l’un des plus célèbre, #FollowFriday est également noté #FF pour satisfaire au critère 5. Mais la longueur peut ne pas être un critère pertinent si le message est prioritaire. C’est ce qui à fait le succès de #JeanSarkozyPartout , loin d’être un modèle de compacité.

Twitter a également « forcé » l’usage de hashtags, pendant la coupe du monde. Les caractères proposés pour les pays (#fra pour la France), et le #WorldCup affichaient de petites icônes (drapeau ou ballon). Pour les afficher, il fallait utiliser les hashtags « officiels ». Tout autre hashtag n’avait pas d’effet. De même pour la journée mondiale de lutte contre le sida, chaque fois que le hashtag #red était mentionné, le tweet le contenant était affiché en rouge.

Créer un hashtag est donc un vrai métier, procédant d’une réelle réflexion en amont. Un hashtag créé sous une impulsion, aussi « romantique » que soit l’idée, a toutes les chances de ne jamais fonctionner!

Je vais prendre un exemple précis. Il y a quelques mois (plus d’un an en fait), nous cherchions comment identifier les tweets informants sur des évènements, ou des informations ayant trait à lÎle de la Réunion. Nous étions plusieurs réunionnais réunis autour de la table, de différents métiers, en relation ou non avec internet, mais tous utilisateurs de Twitter, ainsi que quelques twitterers influents métropolitains.

Et il n’existait pas de solution pour suivre de façon globale les informations produites par les nombreux comptes d’informations locales, ou par les pourvoyeurs de « scoops » sur Twitter. Les listes ne sont arrivées que bien plus tard, et tous les tweets d’un compte « réunionnais » ne concernent pas forcément une information propre à lÎle ou la citant.

Il fallait donc proposer un hashtag qui serait destiné aux résidents, mais surtout aux réunionnais de la diaspora, souvent coupés des sources d’information locale.

Citer l’Île n’était pas pertinent, car chacun proposait une solution différente: #Réunion, #LaRéunion, #IleRéunion #IleDeLaReunion… Le facteur d’appropriation était trop faible, et le risque de pollution important (hashtags citant des « réunions de travail » par exemple). Sans compter la longueur. Le meilleur contre exemple était d’ailleurs l’exemple caribéen: #Caraibes #Guadeloupe #Gwada #Martinique, sont autant de hashtags qui apparaissaient ensemble ou en lieu et place selon la génération de l’émetteur, raccourcissant d’autant la place destinée au message, obligeant un lien externe. Sans compter les nombreuses petites îles alentour. Regardez le tweet ci-dessous!

Une particularité des départements d’outre-mer est leur code postal, apparaissant sur les plaques minéralogiques: 971, 972, 973 et pour la Réunion 974. Nombreux sont d’ailleurs les véhicules qui en France métropolitaine arborent fièrement un autocollant reprenant se code sur le pare-bise arrière, souvent entouré de la silhouette de l’Île (comme sur ma voiture!). Et ce, bien avant que les plaques personnalisables régionalement n’existent.

Nous avons donc convenu d’utiliser 974, reconnaissable entre mille par tout réunionnais. Seul problème, Twitter n’accepte pas les codes ne contenant que des chiffres. De nombreuses variantes autour de 974 ont été rapidement écartées, car correspondant à des évènements sportifs US par exemple, ou à des marques déposées tant en Europe qu’aux USA.

Nous sommes finalement tombés d’accord sur #Tw974. « Tw » pour Twitter bien sûr (avec un « w » en lettre minuscule, rarement respecté dans l’usage ;-) ).

Et depuis sa création, #Tw974 est quasi unanimement utilisé par les titulaires de comptes individuels. Même si de nombreuses variantes on tenté de s’imposer, sans réel succès.

Créer un hashtag: un vrai métier.

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Mise à jour:

    Une petite fronde s’est faite jour il y a quelques temps, proposant de remplacer #Tw974 par un hashtag que nous avions écarté (car il ne correspondait pas aux critères 3, 5 et 6 dans une moindre mesure).

    Et par des acteurs locaux, ne communiquant qu’en local.

    L’histoire dira si cette option sera suivie d’effet ;-) Cette fronde est d’ailleurs conduite par des non-réunionnais, qui ne peuvent pas comprendre le sentiment d’appartenance existant autour du « 974″ pour les réunionnais expatriés. Ce petit groupe va même se moquer ouvertement de cet attachement au « 974″.

    Spécialistes de la pensée unique, revendiquant une démocratie qu’ils interdisent dans leurs propres espaces web, il en émane un funeste parfum aux relents colonialistes.

    Et c’est sans compter que nous sommes réunionnais, pas caribéens. C’est extrèmement différent. Mais nul n’est prophète en SON pays !

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5 Responses to "Créateur de hashtag?"

  • Cilaos007 says:
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